Île de Honshu, Préfecture de Hyogo

Takeno (7 – 9 février)

Neige dans la ville
Il neigeait tellement ce jour-là.

TakenoJe continue mon voyage toujours vers le sud et c’est dans le petit village de Takeno que je vais poser mon sac pour deux jours. Il neige toujours énormément sur la côte de la mer du Japon. J’ai l’impression d’être le seul touriste. Comme à mon habitude, je demande aux locaux ce que je peux visiter en cette saison. Il n’y a pas grand-chose hormis quelques vues pittoresques sur la mer.

Roche coincée
C’est le « Hasakari Iwa » (roche coincée) : une pierre ronde suspendue entre deux rochers.

Et il y a la grotte de Yodo (Yodo’s cave).

Grotte de Yodo
Ne dirait-on pas un féroce animal couché vu de loin ?!

Je vais vivre un moment particulièrement périlleux ! En fait, ce n’est rien d’autre qu’une grotte ordinaire que les gens visitent dans une embarcation quand le temps est propice. Pour ma part, j’ai l’intention de traverser cette grotte aux paliers rocheux remplis de neige. La distance est courte mais l’effort intense, et la prudence de mise pour ne pas glisser dans la mer déchaînée. Dans ces moments-là, je me surpasse (à mon humble échelle, je ne suis pas Mike Horn !) et avec ce petit brin de folie, il m’arrive d’écrire mes plus beaux textes.

Voici le poème qu’en rentrant, j’ai composé d’une traite :

Takeno — Grotte de Yodo

Je suis parti ce matin pour voir une grotte
Située à peine à une petite trotte
D’où je logeais, toujours auprès du bord de mer
Où il neigeait beaucoup, beaucoup en cet hiver ;
La regardant au loin en la saison précoce,
On eût dit quelque sphinx allongé et féroce
Se pâmant dans la baie, ouvrant sa gueule en grand,
Immobile, imposant en statue de géant.

C’est un long chemin sur une distance proche ;
Je dose mon pas, prudemment, sur chaque roche,
J’avance, avec neige à la hanche et foi au cœur ;
Le ciel ce matin n’est pas de bonne humeur.
Pour mettre un pied sur chacun des blocs de basalte,
Je tâte, j’enlève, je souffle, je fais halte ;
Proche, elle m’apparaît comme l’œil de Dieu ;
À l’intérieur, la mer déferle comme un feu.

Le vent furieux se lève, éperonne la houle,
Qui, meurtrie se soulève et jusqu’à moi se roule ;
Des gouttes cristallines perlent de là-haut,
Je ne regarde pas mais je sais que c’est beau ;
Je visite ce musée où je me découvre,
Je me regarde ému par tout ce que j’y trouve :
Un soupçon de folie et de lucidité,
De quoi écrire un peu — pour moi, l’éternité.

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