Île de Shikoku, Préfecture de Tokushima

Miyoshi (21 – 29 mars)

MoiVallée d'IyaCette escale à Miyoshi sera la destination la plus marquante de mon voyage.

Cette petite localité va me permettre de visiter la vallée d’Iya, qui fait partie d’une des « trois vallées cachées du Japon » nous offrant le spectacle de gorges, rivières, cascades et ponts suspendus. La vallée d’une longueur totale de 60 km se divise en deux parties Nishi-Iya (Iya est) et Oku-Iya (Iya profond).

Iya map
Carte de la vallée d’Iya. Source : wikipédia. Mon logement se situe non loin de la station JR Iyaguchi.

J’ai fait deux excursions mémorables dans chacune de ces parties, sans pour autant tout explorer (loin de là même puisque je n’ai visité que la partie orientale de Oku-Iya). Ma première promenade a été une boucle de 50 km que j’ai faite à vélo sur un sentier étroit longeant une rivière absolument limpide, dans un écrin de collines verdoyantes, au pied de falaises abruptes.

Iya 1ière excursion
J’ai tracé de manière approximative le trajet de ma balade à vélo.

Les rencontres sont parfois surprenantes !

Durant cette balade, j’ai pu faire une halte afin de voir le célèbre « pont de lianes » (Iya no Kazurabashi) de la vallée. Et le tourisme ici n’enlève rien au charme des lieux.

Je me suis en outre arrêté plusieurs fois afin d’admirer le paysage à couper le souffle ; et à la suite de cette première escapade, j’ai écrit un premier poème.

Iya — Vallée

Je longe les versants verts poudrés des lumières
Blanches du matin que je balaie du regard,
Versants sur lesquels je vois en fines artères
Ou en veines larges couler le flot hagard
Jeté de la montagne,
Que le cri accompagne.

La rivière a de quoi rendre jaloux l’azur,
Se pavanant dans sa longue robe turquoise
Limpide comme une pensée vierge, et sur
Laquelle elle brode, aux segments vifs qu’elle croise,
Ces rapides chargeant
En vifs éclats d’argent.

Le cerisier aux fleurs fraîchement écloses
S’épanouit dans les teintes de la pudeur,
Et fait pâlir l’aube par ses intenses roses
Tirées du sang de l’hiver qu’il transperce au cœur,
Qui, dans un dernier souffle,
Sur les pétales souffle.

Je tente de saisir de ces monts le détail
Toujours en fuite et dont la beauté me frappe,
Ensemble ils font apparaître un grand éventail
Où l’ombre replie la lumière qui s’échappe,
Et l’éclairage me
Fait penser à un feu.

Pour la seconde excursion, un autre jour j’ai voulu me rendre au mont Yahazu qui culmine à 1848 mètres.

Iya 2nde excursion
J’ai pris un bus jusqu’au village d’Ochiai, avant d’entreprendre ma randonnée. (En rouge, mon trajet à pied.)

Je suis parti tôt afin de rejoindre le hameau historique d’Ochiai avec ses maisons traditionnelles au toit de chaume, situé justement dans la partie orientale de Oku-Iya (Iya profond).

Ochiai
Maison traditionnelle au toit de chaume du village d’Ochiai.

J’ai essayé de trouver un logement afin de partir le lendemain mais tout était fermé jusqu’au 31 mars.

Tant pis, je me lance. La journée est déjà bien entamée et je pars en fin de matinée afin de rejoindre à pied le col d’Ochiai (à une altitude de 1520 mètres, le fond de la vallée se situant à peu près à 500 mètres d’altitude), à 12 km du village d’où je suis. De mémoire, c’est après quatre heures de marche que je parviens au sommet du col, sur une route aux lacets interminables. Pendant mon ascension, je tombe sur une œuvre d’art plutôt étrange et glauque !

Poupées
Une artiste locale, Ayano Tsukimi, a décidé de repeupler les hameaux déserts de la vallée en disséminant des poupées grandeur nature un peu partout.

Arrivé au col, je poursuis la montée sur le dernier tronçon menant au mont Yahazu en marchant tout d’abord au milieu des plants de bambou sasa…

mais je suis vite arrêté par la neige… C’est terrible car il me reste 800 mètres mais je n’en peux vraiment plus ; chaque pas est un effort surhumain pour moi.

Je dois rebrousser chemin et c’est dans un refuge d’urgence au niveau du col que je vais passer la nuit… avec mon duvet confort 15 degrés ! 😨

La prochaine fois, j’investis dans du bon matériel, je prépare ma randonnée et j’évite de confondre vitesse et précipitation ! 😆 En tout cas j’ai écrit le poème qui pour moi est le plus fort de tous, où l’action se mêle à la contemplation :

Poème à découvrir dans mon recueil ! https://www.thebookedition.com/fr/l-invitation-au-voyage-le-japon-p-363257.html

 

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