Île de Honshu, Préfecture de Kyoto

Kyoto ending trip (2 avril – 10 avril)

Lac de Kyoto
Batelier sur la rivière Katsura. Voici la photo prise au même endroit que la toute première de mon blog. Nous sommes à Kyoto, et cette fois au printemps, mais le pic de floraison des sakura est déjà passé. L’on peut apercevoir quand même au loin quelques cerisiers en fleurs.

KyotoJe retrouve Kyoto après l’avoir quittée il y a deux mois jour pour jour. L’hiver a laissé la place au printemps ; la nature retrouve ses couleurs. Lorsque je descends du bus en milieu-fin d’après-midi, je sens souffler un vent de nostalgie : toutes ces aventures vécues et je me retrouve là, à mon point de départ. Je décide de marcher et me dirige vers le quartier d’Arashiyama, mon préféré. Le soleil se couche, je profite ; je me sens bien, des paysages me sont familiers ; je cherche ma guesthouse, j’arrive à la nuit tombée.

Kyoto again
Nostalgie. En fin d’après-midi, me revoilà à Kyoto sur les berges de la rivière Katsura, dans le quartier d’Arashiyama.

Durant cette dernière semaine dans l’ancienne capitale impériale, je vais tenter d’écrire le dernier poème de mon recueil : « Fleurs ». Tous les jours, je vais chercher l’inspiration auprès de la flore des deux quartiers Sagano et Arashiyama. Ce poème sera celui auquel je vais consacrer le plus de temps. Pendant cinq jours entiers, je reste très concentré.

J’ai déjà une petite idée : je vais parler de toutes les fleurs et le dernier quatrain sera consacré aux sakura (cerisiers en fleur). Tout se déroule comme prévu, sauf ce dernier quatrain qui, bien qu’ayant pour cible ces fleurs de cerisier, ne s’adresse finalement pas à elles, mais bien à la plus belle d’entre toutes : une jeune fille au nom de…  Sakura, auprès de laquelle dans le plus grand secret, à l’ombre de sa beauté, j’ai trouvé l’inspiration et écrit le poème que je considère comme le plus beau de mon recueil sur le Japon :

Kyoto — Fleurs

Pourquoi vos fleurs, par la neige blanche inspirées
Et qui courent le long de vos branches, spirées,
Font-elles, sur votre feuillage fin et vert,
Au loin, comme un manteau de givre d’hiver ?

Comment, jeunes et joyeux cerisiers roses
Qui ébruitez dans l’air tant de secrètes choses,
Saisir le pétale avant qu’il ne chute au sol
Sans le confondre avec un papillon en vol ?

Pour qui, longeant de la colline les allées,
Vous faites-vous si belles pourpres azalées,
Belles, vues aussi bien de loin que de près,
Dont la couleur rafraîchit les chaudes forêts ?

Quels sont, à l’ouverture de vos blancs tépales,
Ces rayons qui ont croisé vos doux regards pâles,
Et qui en sont restés éternellement pris,
Faisant ces grains orangés dans vos yeux, iris ?

Où, pour vos fleurs, puisez-vous ce jaune intense,
Gracieux forsythias qui faites offense
Aux fiers colzas, jaloux de votre or nonpareil,
Eux-mêmes qui pourtant sont des champs de soleil ?

Quand, disposant ainsi en grappes vos clochettes,
Les tintez-vous aux oreilles des violettes,
Dressant leurs deux pétales tant ils sont épris
Du grelot qui sonne à travers vous, muscaris ?

Que n’attendez-vous pas que le bourgeon éclate,
Virant déjà votre feuillage à l’écarlate,
Andromèdes dont la fleur est un tube blanc,
Parfois teinté de rose ou rougi dans le sang ?

Parce que vers toi le vent du désir me pousse,
Vers tes lèvres écloses sur ta jeune pousse,
Ô dis-moi Sakura si je pourrai jamais
Y cueillir une gerbe de tes baisers frais ?

...

 

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